Représenter les violences faites aux femmes, en Série(s)

Nous n’avons peut-être jamais autant parlé des violences faites aux femmes. Aujourd’hui, la parole se libère, pouvons-nous lire. Les victimes sortent de leur silence et accusent. L’indignation, la révolte prennent le dessus sur la honte, et nous devons tous nous en réjouir.           

Alors que les médias, les réseaux sociaux s’enflamment autour du sujet, comment les violences faites aux femmes sont dépeintes dans les séries télévisées récentes ? Comment mettre en scène ces violences ? Pour cette étude nous nous appuierons sur trois séries qui ont récemment marqué les esprits, en  prenant un angle différent pour traiter ce sujet. The Handmaid’s Tale théorise et idéologise ces violences, Big Little Lies dépeint notamment, mais pas seulement, ces agressions dans le cadre conjugal, et la série documentaire The Keepers raconte, grâce au courage des victimes qui témoignent face caméra, ces exactions perpétrées par un homme d’Église.

De quelle manière ces séries télévisées révèlent ces violences ? Comment sont caractérisées les victimes ? Ces deux fictions et cette série documentaire nous aident-elles à mieux comprendre le mécanisme régissant ces actes ?

À tous les multiples – nous l’espérons – lecteurs de ce papier il est important de vous préciser que cet article n’a pas pour but de composer une critique des trois séries mentionnées ci-dessus. En effet, aucun résumé, aucune présentation ne seront élaborés ci-dessous. Si vous voulez vous mettre à jour, découvrez sans plus attendre notre avis sur The Handmaid’s Tale. Et pour le reste … visitez IMDB ou encore Wikipédia ! En outre, une multitude de spoilers ponctuent cette réflexion. Par conséquent, ceux qui n’ont pas vu ces shows mais qui prévoient de le faire, passez votre chemin, mais revenez-vite nous lire juste à après votre binge watching ! Enfin, pour ceux qui n’ont pas vu ces programmes et qui n’en n’ont pas l’intention (quel dommage !), alors lisez, car vous risquez peut-être d’apprendre quelques trucs… et finalement d’avoir peut-être envie de les regarder !

Démolir le corps

Les trois œuvres précitées mettent en scène toutes formes de violences subies par les héroïnes. La plus « visible », la violence physique, est montrée de différentes manières. Dans Big Little Lies, Nicole Kidman interprète Céleste Wright, une ancienne avocate qui semble nager dans le bonheur avec Perry et leur deux jumeaux. Toutefois ce bonheur n’est qu’une esbroufe. Céleste prétend, fait semblant, elle dissimule. Col roulé et manches longues servent à cacher les hématomes laissés par les coups de Perry. Tout au long des épisodes, les violences se répètent dans un cercle vicieux. À chaque dispute, Perry finit par frapper Céleste qui tente parfois de se défendre. Son mari finit toujours par s’excuser, par clamer son amour à Céleste, en lui demandant de le pardonner. Puis, en témoignage ultime de « son amour », les coups de Perry se muent en violences sexuelles.

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Dans The Handmaid’s Tale, les violences physiques sont beaucoup moins « passionnelles ». Ici les sévices sont institutionnalisés. Les Servantes sont mutilées comme Janine qu’on éborgne pour qu’elle rentre dans le rang, ou comme Emily/Deglen qu’on excise en raison de son homosexualité. La violence physique est institutionnalisée, ritualisée, et fait partie intégrante de la République de Gilead afin d’appliquer ses principes. Démises de leur statut de citoyennes, ces femmes deviennent prisonnières de leur catégorie : Épouses, Martha ou Servante, et ne vivent qu’en raison de leur mission respective. La tâche des Servantes est d’enfanter. Toute défaillance dans leur « sacerdoce » est une menace, comme en témoigne une scène où notre héroïne Offred/June, se fait frapper par Serena, l’Épouse chez qui elle vit, parce qu’elle a ses règles et n’est donc pas enceinte. Une preuve incontestable qu’elle a échoué dans sa mission. Les violences physiques dans The Handmaid’s Tale sont des tortures qui ont pour but d’aliéner et de terroriser les femmes ainsi que de les dépouiller de leur identité et de leur amour-propre.

Le paroxysme des violences physiques est le viol. Dans Big Little Lies, le viol est mis en scène à travers deux personnages de manières différentes. Jane s’est faite violer dans le passé, par un homme, un inconnu dont elle a oublié le visage. De son agression deux choses lui restent : son fils Ziggy, et une obsessionnelle volonté de vengeance. Céleste est à l’écran violée plusieurs fois dans le cadre conjugal. À l’inverse de Jane qui est pleinement consciente d’avoir subi un viol, la situation est plus trouble chez Céleste. Les scènes de sexe entre Perry et Céleste peuvent d’abord donner l’impression que le couple s’adonne à une pratique sadomasochiste. Chaque étreinte est empreinte d’une terrible violence, du simple baiser au coït lui-même. Lors de ces scènes de sexe glaçantes, le personnage de Céleste donne une impression de consentement qui au fond n’en est pas un. Lors d’une séance chez leur thérapeute, alors que Céleste se retrouve seule, elle explique que la violence est une source d’excitation. Des flashbacks ponctuent son discours en montrant des scènes de violences et notamment des scènes de sexe particulièrement brutales. Face à elle, la thérapeute réalise progressivement ce qui se passe dans l’intimité du couple. Céleste est victime de viol conjugal, et l’emprise dans laquelle elle se trouve l’empêche de réagir. Jean-Marc Vallée parvient de manière subtile à mettre en scène cette violence insidieuse.

Dans The Handmaid’s Tale, le viol est le cœur du régime en place. La fécondation des Servantes consiste à ce qu’elles se fassent violer par les dirigeants chez qui elles se trouvent, avec la complicité de leurs Épouses. Le viol, précédé d’une cérémonie semblable à une « messe », est chorégraphié et mis en scène. Ritualisé, il devient sacré car la fécondité l’est. Toutefois, cette sacralisation du viol ne veut pas dire qu’il est légalisé. En effet, une scène édifiante montre comment les Servantes sont poussées à lapider un homme qui a violé l’une d’entre elles. De cette manière, le viol est « encadré ». Il n’en demeure pas moins qu’en entrant dans l’intimité de ses victimes et en les obligeant à coucher avec des inconnus, ce nouvel État légalise la pratique du viol. Rendre cette violence institutionnelle, c’est la normaliser et ainsi ôter à la victime tout droit à la reconnaissance et à vivre sa douleur comme elle le devrait. On lui retire ce droit fondamental de souffrance en ne reconnaissant pas son malheur. De manière générale, c’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreuses victimes gardent le silence parce qu’elles ont peur d’être rejetées et de ne pas être soutenues.

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La série documentaire The Keepers montre comment le viol devient un prétexte pour « obtenir le pardon de Dieu ». Plusieurs témoignages racontent à quel point les prêtres représentaient des figures d’autorité. Le charisme et le pouvoir dus à sa fonction permettent donc au Père Maskell de perpétuer ses agressions en toute légitimité. Le viol n’est pas sacralisé comme dans The Handmaid’s Tale, mais le pouvoir et la perversité du Père Maskell lui donnent tous les droits. Le poids de la religion est si fort aux États-Unis, et ici à Baltimore, que les actes des hommes d’Église ont une influence considérable. Alors que la plupart des lycéennes victimes de Maskell étaient déjà des victimes d’abus sexuels dans leur passé, le prêtre leur faisait comprendre qu’elles étaient responsables de ce qu’elles avaient vécu. Le viol se transforme en « thérapie ». Maskell manipule avec perversité ses victimes et détruit leur rapport à la sexualité.

Laissant moins de traces visibles mais loin d’être sans conséquences, les violences psychologiques sont redoutables. Humiliation, destruction mentale, distillation de la culpabilité, faire le vide autour de la victime, tous les moyens sont bons pour les détruire.

Anéantir l’esprit

L’emprise

Le cœur de ces violences psychologiques est l’emprise. Complexe et obscure, le mécanisme de l’emprise est admirablement dessiné dans ces fictions. Cette ascendance peut être exercée de différentes manières. Dans The Keepers, comme on l’évoquait précédemment, la domination découle de l’autorité naturelle du prêtre en raison de sa fonction. En outre, d’après les témoignages des victimes on comprend que sa méthode consistait à créer une culpabilité permanente chez les lycéennes en prétendant qu’elles étaient perverses et qu’elles devaient être punies. Le témoignage le plus édifiant est celui de Jean Wehner qui explique qu’enfant, elle avait déjà été victime d’abus sexuel. Hantée par cette agression, elle décide un jour d’aller se confesser au confessionnal de son lycée. Le Père Neil Magnus à qui elle se confie, lui demande de dévoiler son identité, et lui explique que c’est elle la coupable dans l’histoire, et qu’elle doit se racheter auprès de Dieu. Jean Wehner, étant très pieuse et ayant été éduquée dans une famille très religieuse, est d’emblée sous le joug des deux Pères prédateurs. Cette annihilation de l’esprit de Jean permet à Maskell de lui faire subir tous les sévices. En outre, cette manipulation va même jusqu’à le faire endosser le rôle de protecteur aux yeux de ses victimes. Jean explique qu’en plus de se faire violer par Maskell, son bourreau invitait des hommes qui eux aussi la violaient, tout cela sous les yeux et « sous la protection » du prêtre.

Moins perceptible, l’emprise de Perry sur Céleste dans Big Little Lies est tout aussi réelle. Perry cherche à faire le vide autour de sa femme. D’une part, il se méfie de ses amies et notamment Madeline. D’autre part, au fil des épisodes, on comprend que Céleste qui était auparavant une brillante avocate, s’est arrêtée de travailler à la naissance des jumeaux. Lorsque que Madeline sollicite son amie pour son affaire de pièce de théâtre censurée, Céleste semble s’épanouir et avoue à quel point son travail lui manque. À l’inverse, Perry ne se réjouit pas de voir sa femme reprendre le temps d’une réunion son rôle d’avocate, et va tenter finement de l’en décourager. Il cherche ainsi à lui prouver qu’elle est angoissée, qu’il est inquiet, et qu’il ne souhaite pas la « ramasser » si elle s’effondre. Ici Perry descend Céleste, et lui fait comprendre inconsciemment que sans lui elle n’est rien. En réalité, c’est le prédateur qui n’est rien sans sa proie. Prêt à tout pour la garder entre « ses griffes », il va même jusqu’à lui proposer de faire un troisième enfant, pour encore mieux la garder en captivité.

Shailene Woodley GIF by Big Little Lies

Dans The Handmaid’s Tale, cette séquestration est littéralement fatale pour les Servantes qui sont tout simplement prisonnières des maisons auxquelles elles sont attribuées. L’emprise ici s’apparente à un lavage de cerveau. À travers « les sermons » de Tante Lydia, les Servantes subissent un endoctrinement permanent les poussant à oublier leur statut de femme,  leur désir, leur famille et leur identité. Par ailleurs, cette domination s’exerce aussi grâce à des menaces perpétuelles. L’une des scènes les plus violentes est celle où Séréna amène June, enfermée dans une voiture, devant l’orphelinat où se trouve sa petite fille qu’on lui a arrachée. Au paroxysme de sa cruauté, Séréna lui fait comprendre qu’un faux pas aura des conséquences sur son enfant.

L’emprise est une arme redoutable pour détruire. Complètement endoctrinée, la victime perd sa liberté et son libre-arbitre.

Le déni

« Pourquoi n’a-t-elle rien dit ? Pourquoi n’a-t-elle rien fait ? »  Ces interrogations reviennent encore et encore dans l’inconscient collectif aujourd’hui. Si les victimes ne parviennent pas à réagir c’est en partie à cause de l’emprise dans laquelle elles se trouvent. Cette manipulation déforme leur perception de la réalité. Big Little Lies raconte comment Céleste n’arrive pas à prendre conscience des limites séparant des actes d’amour, de tendresse et des actes violents. De cette manière, elle rentre dans un déni dont sa thérapeute va parvenir à la sortir peu à peu. Céleste entretient son illusion notamment à travers sa sexualité, entre son désir et les rapports qu’elle a avec son mari. Elle s’enferme dans son déni à s’adonnant à des coïts violents que nous avons évoqués plus haut. La scène où elle dialogue avec sa thérapeute sur son mariage illustre parfaitement son aveuglement. Alors que sa thérapeute détecte le danger dans lequel se trouve sa patiente et tente de la mettre face à ses contradictions, Céleste cherche en permanence des excuses à la violence de son mari. Elle tente de persuader son interlocutrice qu’elle aussi est responsable, qu’elle se montre aussi violente que Perry qui d’après elle l’aime vraiment et la considère « comme une déesse ». L’interprétation de Nicole Kidman est dans cette scène par ailleurs absolument remarquable.

Shailene Woodley Renata Klein GIF by Big Little Lies

Dans The Keepers, les témoignages décrivent parfaitement ce déni. Quotidiennement agressées par le prêtre, les lycéennes rongées par la honte et les humiliations, gardent le silence.  Jean Wehner explique qu’à chaque fois qu’elle fermait la porte du bureau du Père Maskell, elle supprimait de son esprit ce qu’elle venait de subir. Plus violent que le déni, les victimes du Lycée de Keough vont littéralement oublier ce qui leur est arrivé.

L’amnésie post-traumatique

The Keepers est sans doute la source des témoignages les plus édifiants sur l’amnésie post-traumatique. Grâce au courage des victimes, le créateur Ryan White parvient remarquablement à décrire comment les victimes du Père Maskell sont devenues amnésiques. Un événement hautement traumatisant, si insoutenable pour la victime qu’il peut provoquer une réaction psychologique consistant à oublier l’événement en question. Cependant, cet évènement ne disparait pas de sa mémoire. En vieillissant, la victime manifestera inconsciemment ce traumatisme de différente manière (anorexie, dépression, crise d’angoisses etc.). Les souvenirs cherchent toujours à ressurgir. Jean Wehner explique comment la méditation lui a permis de retrouver la mémoire. En outre, elle raconte comment sa famille la soutient dans cette introspection. L’une des scènes les plus marquantes de la série est celle où Jean raconte comment elle a occulté la fois où Maskell l’a amené auprès du corps de la Sœur Cathy Cesnik qui a disparu quelques jours auparavant, et comment lors d’une réunion de famille cet épisode surgit brusquement, déformé au point qu’elle croit au début se souvenir d’avoir tué elle-même sa professeure. La sincérité de Jean Wehner est telle qu’elle crève l’écran. Cette amnésie est aussi mise en lumière dans Big Little Lies, avec Jane qui a oublié le visage de son violeur.

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Jean Wehner, The Keepers

Le traumatisme est si fort qu’il réduit au mutisme les victimes. Au déni, à l’amnésie, s’ajoute le silence des autres : ce qui savent, ceux qui protègent ou ceux qui ignorent. 

La complicité

« Tout le monde savait » : c’est ce qu’on entend aujourd’hui au sujet de l’Affaire Weinstein. The Keepers raconte ici la complicité la plus terrible, car en effet : tout le monde savait. Avant de travailler au Lycée Keough, Maskell avait déjà été accusé d’agression sexuelle et de pédophilie. Mise au courant, sa hiérarchie décide de l’affecter ailleurs. Lorsque les victimes de Keough décident de porter plainte, elles vont découvrir à quel point la ville de Baltimore a été complice. L’Église, la justice, la police, tout le monde a couvert les agissements du prédateur quitte à tenter de décrédibiliser les victimes.

Dans The Handmaid’s Tale, la complicité est une collaboration. Lors d’une visite d’une délégation étrangère, June pense pouvoir sensibiliser ce pays étranger à sa cause en leur avouant tous les sévices que les Servantes subissent. Face au discours bouleversant de June, son interlocutrice reste impassible, et admet que la repopulation de son pays est une priorité au détriment ce que subissent ces femmes.

Cette phénomène isole davantage les victimes et les poussent au silence. Cette complicité et cette lâcheté ponctuent les trois œuvres étudiées et corroborent tristement l’aveuglement – volontaire ou non – porté à l’encontre de ces exactions. L’illusion peut aussi être inconscient chez l’entourage. En effet les prédateurs sont souvent de fins dissimulateurs. Dans Big Little Lies, Perry passe aux yeux de tous pour un père et un mari formidable. Leur capacité de manipulation s’exerce aussi contre l’entourage de la victime, qui de ce fait se retrouve d’autant plus isolée et troublée. Comment s’en sortir si tout le monde autour de vous trouve votre bourreau admirable ?

Si l’issue de ces violences peut-être fatale, l’espoir subsiste et le dénouement peut-être tout autre. 

Le combat des victimes

Alors comment s’en sortir ? Comment remonter à la surface ? Dans Big Little Lies, la prise de conscience est amorcée lors des entrevues avec la thérapeute. Peu à peu, Céleste comprend que son mari est un monstre. La seule issue possible de leur relation est la destruction. En verbalisant et entrant dans la confidence, Céleste commence son combat. En outre, la fuite est le seul moyen de s’émanciper de son mari. Prenant conscience de la dangerosité de Perry, Céleste envisage de déménager et d’emporter ses enfants avec elle. Le déclic pour Céleste est lorsqu’elle comprend qu’un de fils reproduit ces violences sur une petite fille à l’école. Du côté de Jane, son combat pour surmonter son viol est motivé par son désir de vengeance. Dans la série de HBO, la solidarité féminine est l’arme la plus efficace face au danger. La scène finale où Perry se déchaîne contre Céleste, montre tous les autres personnages féminins de la série se débattre contre lui jusqu’au moment où l’une d’entre elles le pousse violemment et le tue. Céleste et Jane s’en sortent grâce à la sororité qui se crée entre ces femmes.

La sororité est aussi une arme redoutable de résistance dans The Handmaid’s Tale. Alors que le régime de Gilead s’efforce à faire des Servantes des « sœurs fécondes », celles-ci se retournent contre lui. Lorsque Janice est condamnée à mort par lapidation de ses « sœurs », toutes les Servantes s’indignent de devoir exécuter l’une des leurs. Alors que toutes ces femmes sont munies de pierres, notre héroïne June déclenche une rébellion d’un simple geste : elle tend son bras et lâche son arme au sol. Toutes ses complices la suivent. Cette scène jubilatoire marque un signe franc de rébellion. Pour s’en sortir, il faut résister. Une autre forme de résistance peut se lire indirectement dans la liaison que June entame avec Nick. Faire l’amour pour le simple but de la jouissance est ici aussi un acte de résistance en soi, dans une société où le sexe est réduit au simple but reproductif.

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Dans The Keepers, le combat a aussi été celui de Cathy Cesnik. Consciente des agissements du Père Maskell, la Sœur n’a pas hésité à se confronter à lui pour lui faire part de son intention de tout révéler. C’est au péril de sa vie que Cathy Cesnik tenta de protéger ses élèves. Si aujourd’hui son meurtre n’est pas élucidé, il semble incontestable qu’il est lié aux agissements du prêtre.

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Cathy Cesnik, The Keepers

Pour les victimes, le témoignage est le plus courageux des combats. Le courage et la dignité dont elles font preuve sont bouleversants. Témoigner est un acte de résistance. En outre, attaquer en justice leur agresseur est la plus grande des batailles. Enfin, ici encore, la solidarité est aussi un moyen de s’en sortir. Les deux retraitées, anciennes élèves de Cathy Cesnik, sont déterminées à élucider le meurtre de leur ancienne professeure. Grâce à un groupe Facebook qu’elles ont créé, ces deux femmes permettent la naissance d’un réseau de parole numérique et physique entre victimes et anciennes élèves. Les deux femmes font preuve d’une solidarité bouleversante face aux victimes du Père Maskell. Alors qu’elles ont eu la chance d’être épargnées lors de leurs années lycée, ces dernières découvrent l’ampleur de cette affaire et vont combattre aux côtés des victimes en faveur de la vérité.

Big Little Lies, The Handmaid’s Tale, The Keepers : ces œuvres ont su capter l’essence de qui est aujourd’hui un véritable enjeu de société. Brutales, ces séries ont le mérite de traiter le sujet avec acuité, intelligence et justesse. Si l’ignorance persiste, le témoignage et la fiction s’imposent comme des armes essentielles pour la combattre, et alors peut-être parviendrons-nous à insuffler aux victimes – femmes, hommes ou enfants – la force de se battre pour s’en sortir.

Chloé Gavard

 

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