-Christophe Honoré ; 2018-

Sélectionné au Festival de Cannes cette année, Plaire, aimer et courir vite, le nouveau film de Christophe Honoré relate une romance entre Arthur, un jeune étudiant breton et Jacques, un romancier parisien.

Un film rempli d’émotions…

Arthur est un jeune de 22 ans qui vit à Rennes. Il est le type d’étudiant à ne plus savoir le parcours qu’il a emprunté tant il ne se rend plus en cours. C’est un homme libre et téméraire mais aussi sensible. Il va de conquête en conquête, jusqu’au jour où il croise le chemin de Jacques. Ils ont tous les deux un goût prononcé pour la vie et le courant passe très vite entre eux. Pourtant ils ne vont pas rendre leur histoire simple. En effet, Jacques est réticent à l’idée de se permettre une romance. Il sait qu’elle ne pourra être que temporaire car il est atteint du Sida. La mort est donc présente, comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Jacques aime passer du temps avec Arthur, mais il pense probablement qu’Arthur mérite mieux qu’une histoire qui ne pourra se terminer que par un cœur brisé et en deuil alors il l’évite, ou tout du moins il essaye. Au fur et à mesure de l’avancée du long-métrage, on sent qu’il est compliqué pour les deux hommes de s’éloigner tant l’attraction est forte. Le spectateur va d’autant plus s’attacher aux protagonistes et à leur histoire que l’alchimie entre leurs interprètes, Vincent Lacoste (Arthur) et Pierre Deladonchamps (Jacques) crève l’écran. Ils livrent chacun une performance forte, qui pourrait tirer des larmes même aux plus insensibles d’entre nous. On peut également mentionner la très belle performance de Denis Podalydès en ami proche de Jacques, qui n’hésite pas à balancer ses quatre vérités à l’auteur quand il le faut.
En plus du très bon jeu des acteurs, le film est rythmé par une bande son qui sait mêler chansons énergiques et musiques plus tristes, ou du moins émotionnelles : un mélange qui résume bien l’atmosphère de Plaire, Aimer et Courir Vite en somme.

Ad Vitam

… qui manque de surprises

Malgré le très bon jeu des acteurs et la présence d’une bande originale assez jouissive, le film reste quelque peu décevant. D’abord, le jeu de chat et de la souris auquel s’adonnent les deux amants tout au long du film finit par devenir lassant, l’oeuvre s’allongeant, et on peut avoir l’impression que celle-ci a duré 3 ou 4 heures contrairement à son temps effectif.
En outre, l’histoire du film n’est que peu originale et reprend des thèmes déjà largement abordés au cinéma, notamment le sida et la façon dont une personne atteinte vit sa maladie. Le long-métrage rappelle 120 Battements par Minute, sans l’aspect militant.
De manière plus générale, cette œuvre pose une question importante : celle d’une nécessité de renouvellement et d’ouverture. Il est important de mettre en scène des romances homosexuelles, mais dans un autre cadre que dans des films majoritairement dramatiques. Il n’est pas obligatoire de faire d’un personnage LGBT une personne qui soit rejetée par sa famille ou atteinte d’une maladie ou encore qui ait une histoire d’amour qui finisse mal d’une manière ou d’une autre. En d’autres termes, il n’est pas nécessaire de faire un film larmoyant à souhait : ces personnages méritent aussi leurs happy endings.

Ad Vitam

Le nouveau film de Christophe Honoré est donc un beau film, très touchant et porté par des acteurs plus que talentueux. Mais l’histoire reste assez peu surprenante en plus d’avoir quelques longueurs. On peut tout de même avancer que le film a toute ses chances de gagner un prix à Cannes au vu de sa qualité indéniable.

Amélie G.

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